José est fils d’un administrateur espagnol de la province de Yepeyù dans le nord en Argentine où il naît en 1778. Il fait des études militaires en Espagne et combat les troupes napoléoniennes lors de l’invasion de l’Espagne par Napoléon en 1808. Il y obtint très jeune le grade de colonel. Gagné aux idées révolutionnaires, il intègre en 1810 une loge maçonnique en Angleterre où il noue de nombreuses relations.


En 1812, il rejoint l’Argentine alors en pleine sécession de l’empire américain espagnol. C’est qu’en effet à l’occasion de la déposition du monarque espagnol, Ferdinand VII par Napoléon en 1808, de nombreuses juntes se constituent en Amérique du Sud dont celle de Buenos Aires, et en profite pour ne plus reconnaître l’autorité du roi d’Espagne ni celle de la junte espagnole constituée à Cadix en 1810 contre Napoléon. Le retour du roi Ferdinand VII en 1814 au pouvoir en Espagne, absolutiste dans sa conception gouvernementale, radicalise les mouvements de contestation de la tutelle espagnole. José de Saint Martin participe à l’émancipation des Provinces unies de l’Argentine, et sort vainqueur en 1813 de plusieurs combats contre les troupes espagnoles qui voulaient reprendre le contrôle de Buenos Aires. Mais le combat contre l’Espagne concerne l’ensemble de l’Amérique du Sud. Nommé commandant de l’armée du nord, il s’installe à Cuyo sur le versant oriental des Andes et cherche une solution pour délivrer le Pérou et le Chili de la présence espagnole. Entre 1815 et 1817, il constitue une armée des Andes. Sa réputation est solide et il est le seul des chefs de guerre indépendantistes à rester invaincu face aux armées espagnoles entre 1815 et 1817 alors triomphantes sur tous les fronts américains sauf en Argentine. En 1817, par une manœuvre osée, il traverse les Andes, entre au Chili et bat les troupes espagnoles surprises à Chacabouco, et conquiert Santiago du Chili. Il devient commandant des troupes chiliennes et bat les Espagnols définitivement à la bataille de Maïpu en 1818. Son aventure n’en reste pas là, car il veut délivrer le Pérou des Espagnols. Ses relations anglaises vont le servir. Car le Directoire de Buenos Aires refuse de le financer. Et les Anglais veulent par intérêt économique mettre fin au monopole espagnol sur l’Amérique du Sud. Ils financent donc une expédition maritime pour prendre Lima. En 1821, à la tête d’une armée d’Argentins, de Chiliens et de Péruviens, il prend Lima et proclame l’indépendance du Pérou dont il est nommé protecteur jusqu’en 1822. C’est la gloire! Mais, en juillet il rencontre Bolivar. Pour une raison inconnue, son ressort casse; il abandonne ses commandements à Bolivar et rentre à Buenos Aires en 1823. Sa jeune femme, de 20 ans sa cadette se meurt après avoir mis au monde sa fille Merceditas. Mais au lieu d’un accueil triomphal, il est la proie d’intrigues politiques entre unitaristes et fédéralistes à Buenos Aires qui se livrent une lutte féroce. 2 siècles d’absolutisme espagnol n’ont pas appris les Argentins à composer entre eux. Et incroyable, il préfère s’exiler en Europe avec sa fille; il s’installe à Paris. En 1828, il tente de rentrer à Buenos Aires. On l’en empêche, lui que le peuple surnomme le « liberator ». Il décide de s’exiler définitivement en France dans la région de Paris. Puis en 1848, il fuit la révolution et s’installe à Boulogne sur mer face à l’Angleterre. Il y meurt en 1850. Sa dépouille repose pendant 11 ans dans la basilique Notre Dame de l’Immaculée Conception. Elle est ensuite rapatriée en 1880 à Buenos Aires, dans la cathédrale face à la place de Mai. Toutes les deux heures, la garde républicaine est relevée devant son cénotaphe. Mort, le Liberator devient le fondateur de l’Argentine et un symbole d’unité. Une Argentine qui a connu deux siècles de coup d’états, d’instabilité chronique de ses institutions, de présidents « dictateurs » ou « tronçonneur », comme le dernier Miléi. La statue de de San Martin à Boulogne sur mer a miraculeusement survécu aux bombardements de la dernière guerre. Sa maison est aujourd’hui un musée consacré à son souvenir.