les Chroniques Léonines

chroniques sur les européens des ères mérovingiennes et carolingiennes

  • Wala, (780-836)

  • 835-838 : le curieux intermède Amalaire à Lyon

  • La controverse d’Agobard 823-828

  • Ecclesia et dominium (II)

  • Ecclesia, et dominium (I)Horizon théorique de la féodalité

  • La montée des tensions entre Louis le Pieux et le parti épiscopal : 822-829

  • Attigny 822, la pénitence de Louis 1er

  • L’antijudaïsme chrétien aux origines de l’antisémitisme européen

  • La situation des juifs à l’avènement de Louis le Pieux 814

  • Louis ler dit le Pieux (778-814-840)

  • Chronique no 2

    C’est le personnage principal de mon mémoire. Il est né en Septimanie vraisemblablement, c’est-à-dire à Narbonne, qui a été longtemps sous l’emprise des Wisigoths avant que les arabes omeyades ne les conquièrent après 711. On a souvent prêté à Agobard une influence espagnole, celle d’Isidore de Séville (560-636) qui a écrit un traité à connotation anti-judaïque sur les juifs, très populaire dans le clergé mérovingien. Il fut repéré à Narbonne par Leidrade en mission dans la région, et l’accompagna à Lyon aux environs de 792. Leidrade y fut installé comme archevêque par Charlemagne lui-même avec la mission de restaurer l’Eglise Lyonnaise alors malmenée par les entreprises guerrières de Charles Martel et Pépin le Bref. Son rapport qu’il adressa à Charlemagne et dont on a des copies d’époque est la synthèse de toute son action de réformes des liturgies dans les églises de son diocèse, de la restauration des édifices depuis l’an 800. De fait il a pu s’appuyer sur ses chorévêques Agobard et Adalbert pour l’aider dans sa mission. Mais fatigué et malade il se retire vers 816 et nomme Agobard à sa succession. Celui-ci est considéré comme l’un des principaux intellectuels de son siècle ; il incarne avec entre autres Alcuin, Raban Maure, Hincmar de Reims, ce qu’on appellera plus tard de petite renaissance carolingienne. De fait son influence sera européenne. Outre son œuvre pastorale très importante dans son diocèse,  il fut un débatteur réputé dans les disputes doctrinales qui sévissaient à cette époque. Il combattit l’Adoptianisme et pris une position originale sur la doctrine iconoclaste qui renaissait à Constantinople. Mais ce qu’il le fit connaitre c’est sa rupture avec le pragmatisme doctrinal de l’église gauloise issue des mérovingiens ; partisan de l’unité chrétienne de l’empire, il ne tolérait pas les lois personnelles issues des droits romano-barbares du VIe siècle et qui ont permis l’intégration des minorités barbares alors dominantes dans la société gallo-romaine. Il combattit par exemple la loi burgonde qui régissait les règles de preuve dans les procés à Lyon. Il encouragea l’uniformisation des lois de l’empire voire une théocratisation de l’Empire, l’empereur censé instaurer l’ordre de Dieu dans son empire. Sa radicalité s’est concrétisée dans l’affichage assumé d’un antijudaïsme virulent, considérant le judaïsme comme une altérité insupportable à la manifestation de la vérité du Christ. Cinq lettres adressées à l’entourage de l’empereur dans la période de 820-830, dénoncent les privilèges accordés par Louis le Pieux à des Juifs, le fait qu’ils puissent posséder des esclaves chrétiens ou qu’ils puissent empêcher de baptiser les esclaves païens. Mais cet antijudaïsme traduit aussi une différence de conception de l’exercice du pouvoir religieux vis-à-vis des laïcs. Car dans sa conception d’un christianisme universel, il considérait que l’empereur devait autant si soumettre que n’importe quel chrétien. Et ses positions doctrinales se transformèrent progressivement en opposition politique à Louis le Pieux Je reviendrai sur l’épisode de sa déposition temporaire dans le conflit qui opposa Louis le Pieux à ses fils en 832-835. Il fut réhabilité en 838 dans son diocèse grâce à l’action de Florus, son diacre et mourut en 840, la même année que Louis le Pieux.

    Manécanterie (siège du chœur d’enfants choristes ) attenante à la cathédrale St Jean de Lyon construite par Leidrade

Wala, (780-836)

Chronique no 13 J’ai l’ambition de vous présenter ces européens du IXe siècle qui fréquentent la cour des empereurs et des rois. Ces Puissants, nous le verront sont souvent liés à la famille carolingienne. Ils forment l’ossature du royaume et de l’empire carolingien. Ce sont des Francs, et ils sont donc encore largement dominés par…

835-838 : le curieux intermède Amalaire à Lyon

Chronique no 12 Dans ma chronique no 8, petite et grande crise, j’ai raconté comment Louis le Pieux a réussi à conjurer les deux putschs fomentés par ses fils. En 835, lors d’un plaid à Thionville, Louis le Pieux dépose en représailles les évêques qui ont assisté à son humiliation de 833 à Soissons, où…

La controverse d’Agobard 823-828

Chronique no 11 Dans de précédentes chroniques, no 2 et suivantes, j’ai expliqué qui était cet Agobard, archevêque de Lyon (816-840), grand intellectuel carolingien et le contexte politique qui encadre sa correspondance que l’on a retrouvée par un heureux hasard à Lyon au XVIe siècle. Sur les 26 textes qu’il a écrits, 5 sont consacrés…