• Je suis historien en formation en master 2 en haut moyen Âge après une licence d’histoire et d’études juives à La Sorbonne. Je souhaite partager avec vous mes recherches que j’entreprends pour mon mémoire sur les institutions carolingiennes et le #judaïsme présent dans l’empire carolingien entre 814 et 877. C’est à dire sous le fils et les petits fils de Charlemagne. #Charlemagne (768-814), vous connaissez tous évidemment. Ce grand personnage a l’avantage d’être aimé des deux côtés du Rhin, hier et aujourd’hui. Il est très consensuel. On le considère comme père de l’Europe. C’est un peu exagéré. Je dirai plutôt qu’il a incarné l’Europe forgée par ses prédécesseurs Mérovingiens dont vous connaissez tous le 1er roi Clovis (481-511) et le grand père de Charlemagne, Charles Martel qui arrêta les Arabes à Poitiers en 732. Cette Europe a trouvé une concrétisation institutionnelle lorsque Charlemagne reçut la couronne impériale en 800 des mains du Pape Léon III. Un empire multi-peuples, à l’organisation très décentralisée et Charlemagne reste dans une conception germanique de son pouvoir. Au plaid de Thionville en 805, il organise la division de son empire entre ses trois fils. La mort de deux de ses fils explique la transmission de l’empire à Louis le Pieux en 814 d’un seul tenant. Il n’y a pas d’idéologie unitaire chez les Francs. Le christianisme et sa liturgie latine est le seul ferment d’unité de tous ces peuples parlant des langues différentes et soumis à des règles juridiques issus des codes barbares pour les peuples du nord, du droit romain pour ceux du sud. C’est pourquoi « l’altérité juive » dans l’expression de la vérité chrétienne qui se veut universelle est un sujet passionnant. Une puissante controverse idéologique est menée par l’archevêque de Lyon Agobard en 826-829 qui reprenant l’héritage culturelle d’Isidore de Séville veut combattre cette « altérité » juive. Je vous propose au fur et à mesure de mes recherches de vous faire partager chaque semaine une ou deux réflexions sur ce thème de la présence juive aux temps carolingiens. Un thème qui raisonne furieusement dans la société d’aujourd’hui où la désinformation alimentant l’antisémitisme est devenue la norme des réseaux sociaux. Bien sûr ces communications à venir en aucunes façons ne veulent justifier la politique de Netanyahu.

    Lors d’un salon du livre au Touquet et voulant faire une escapade en dehors de ma période d’études, j’ai acheté la biographie de Franck Ferrand sur François 1er, paru chez Flammarion en 2014. J’ai en mémoire les excellentes émissions de radio de Franck Ferrand sur Europe 1, l’après-midi. C’est un excellent narrateur et il s’exprime dans une langue française agréable et rigoureuse. Mais à la lecture de sa biographie de François 1er, le livre m’est tombé des mains. Certes, tout historien se doit de revisiter les mythes véhiculés par les instituteurs, ces hussards noirs de la République du XIXe siècle nourris au roman national de Michelet. C’est ce qu’on appelle dans le jargon sorbonien, déconstruire l’histoire officielle pour reconstituer une vérité par une étude approfondie des sources, une histoire globale de cette période. Mais ici, l’entreprise s’apparente plus à celle d’une démolition qu’à une déconstruction. D’emblée Ferrand adopte une attitude contraire à celle d’un historien qui respecte une certaine « neutralité axiologique », c’est à dire une distance par rapport à son sujet mais aussi par rapport à ses propres critères de valeur, souvent issues d’un éducation reçue lors de son enfance et de la société moderne dans laquelle nous vivons. Selon Ferrand, François 1er, jadis phare de la Renaissance française, promoteur de l’unité française, et de l’art français, ne serait qu’une grosse baderne, remplie d’orgueil, de fatuité et sous l’emprise de ses pulsions narcissiques et sexuelles, dominé par sa mère et sa soeur. Rien ne trouve grâce à ses yeux, ni les guerres d’Italie, ni l’Edit de Villers-Cotteret, ni les châteaux sur la Loire; ni sa politique religieuse sans compter sa politique étrangère qu’il juge désastreuse. A croire que la France de 1647 (date de sa mort) est en lambeaux., ruiné ! Ce n’est plus un historien soucieux de contextualiser les décisions de François 1er, mais un procureur à charge, ne retenant que des éléments de contexte dans un but téléologique. L’histoire a besoin du récit, de narrateurs. Car sinon elle devient absconse. Mais la narration ne doit pas être détournée à des fins personnelles, celles de satisfaire son égo et ses préjugés que chaque être humain a ! C’est le propre du politique d’imposer sa vision de la société, quitte à revisiter l’histoire en l’interprétant à l’aune de ses valeurs; comme le fait Eric Zemour par ex; mais l’historien, lui ne peut céder à cette tentation . Il doit faire preuve d’une probité intellectuelle, car il produit un savoir.

    Les réseaux sociaux, l’émergence des populistes, l’insupportable propagande des dictateurs, font appel souvent à l’histoire pour justifier leurs actes; les journalistes souvent renversent l’échelle des valeurs et produisent une critique systématique des discours politiques en affirmant leurs propres système de valeurs. Le métier d’historien consiste à déconstruire leurs arguments des uns et des autres, à dégager la scène de l’histoire du fatras des préjugés, idées fausses et manipulations des sources. Gardons nous donc de juger les actes de nos anciens dirigeants. Plus dure est de démontrer qu’elles ont été les conséquences de leurs actes sans moralisation du récit. N’étant pas spécialiste de François 1er, je ne puis apporter un éclairage sur son règne qui ne soit valablement documenté. Mais de grâce n’abimons pas ni ne glorifions nos ancêtres gouvernants.

  • Je suis historien en formation en master 2 en haut moyen Âge après une licence d’histoire et d’études juives à La Sorbonne. Je souhaite partager avec vous mes recherches que j’entreprends pour mon mémoire sur les institutions carolingiennes et le #judaïsme présent dans l’empire carolingien entre 814 et 877. C’est à dire sous le fils et les petits fils de Charlemagne. #Charlemagne (768-814), vous connaissez tous évidemment. Ce grand personnage a l’avantage d’être aimé des deux côtés du Rhin, hier et aujourd’hui. Il est très consensuel. On le considère comme père de l’Europe. C’est un peu exagéré. Je dirai plutôt qu’il a incarné l’Europe forgée par ses prédécesseurs Mérovingiens dont vous connaissez tous le 1er roi Clovis (481-511) et le grand père de Charlemagne, Charles Martel qui arrêta les Arabes à Poitiers en 732. Cette Europe a trouvé une concrétisation institutionnelle lorsque Charlemagne reçut la couronne impériale en 800 des mains du Pape Léon III. Un empire multi-peuples, à l’organisation très décentralisée et Charlemagne reste dans une conception germanique de son pouvoir. Au plaid de Thionville en 805, il organise la division de son empire entre ses trois fils. La mort de deux de ses fils explique la transmission de l’empire à Louis le Pieux en 814 d’un seul tenant. Il n’y a pas d’idéologie unitaire chez les Francs. Le christianisme et sa liturgie latine est le seul ferment d’unité de tous ces peuples parlant des langues différentes et soumis à des règles juridiques issus des codes barbares pour les peuples du nord, du droit romain pour ceux du sud. C’est pourquoi « l’altérité juive » dans l’expression de la vérité chrétienne qui se veut universelle est un sujet passionnant. Une puissante controverse idéologique est menée par l’archevêque de Lyon Agobard en 826-829 qui reprenant l’héritage culturelle d’Isidore de Séville veut combattre cette « altérité » juive. Je vous propose au fur et à mesure de mes recherches de vous faire partager chaque semaine une ou deux réflexions sur ce thème de la présence juive aux temps carolingiens. Un thème qui raisonne furieusement dans la société d’aujourd’hui où la désinformation alimentant l’antisémitisme est devenue la norme des réseaux sociaux. Bien sûr ces communications à venir en aucunes façons ne veulent justifier la politique de Netanyahu.